Laius d'olibrius

Depuis 150 ans qu’elles ont conquis le monde, les photos ont balisé les évènements de l’actualité, se sont associées aux mutations, soubresauts de l’histoire des peuples et des sociétés, ont porté en elles-mêmes des messages culturels et politiques, ont marqué les esprits et les mémoires en parlant à notre imagination ou notre sensibilité.

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jeudi 29 janvier 2009

Chic planète (7)

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2004 © Ruth Fremson
Une femme à Fort-Dimanche à Haïti étale à même le sol pour y faire sécher des biscuits, de la pate faite d’eau, de beurre, de sel et de terre.

850 millions de personnes souffrent de faim dans le monde.
820 millions d’entre elles vivent dans les pays en développement.

Entre 2007 et 2008, en un an, les prix du riz et du blé ont doublé, celui du maïs a progressé de plus d’un tiers, le riz a augmenté de près de 30% entre 2005 et 2007, les produits ont progressé de 120% entre septembre 2006 et septembre 2007.

Les explications avancées à cette crise alimentaire ?

  • Les effets de la libéralisation ; Les subventions agricoles et le dumping en Europe et aux Etats-Unis ont fait baisser les revenus des paysans des Etats du Sud. En réaction, les pays pauvres ont eu tendance à privilégier les productions agricoles pour l’exportation au détriment des cultures vivrières.
  • Les bouleversements du climat ; sécheresses exceptionnelles en Australie, cyclones en Birmanie, au Bangladesh…, raréfaction de l’eau et la désertification, épuisement des sols, la déforestation, l’accroissement de la population urbaine qui touchent particulièrement l’Afrique et l’Asie.
  • L’augmentation de la consommation mondiale ; La Chine, l’Inde, deux pays émergents en pleine croissance, ont modifié leurs habitudes alimentaires en devenant de gros consommateurs de viande et de céréales.
  • Les biocarburants ; Les pays producteurs de maïs ou de colza ont ainsi sacrifié des terres arables et détourné du marché alimentaire des hectares de cultures désormais consacrés à la production d’énergie « verte ».
  • La spéculation ; sur les fonds d’investissement sur les matières alimentaires (soja, blé, maïs, riz) et les marchés agricoles. Une valeur refuge après la crise dans l’immobilier aux Etats-Unis.
Les solutions ?

On entend de nombreuses propositions : abolition de toutes les barrières aux transactions internationales de matières agricoles, fin des subventions internes ou à l’exportation, levée des tarifs douaniers, fin de toute politique d’encouragement des biocarburants, abolition des barrières internes à l’établissement d’exploitations agricoles…

Je n’ai rien d’un expert mais à coup sur la crise alimentaire n'est pas provoquée par un manque d'aliments ou par une productivité trop faible, mais bien par la course effrénée aux profits.

Ce qu’il faut remettre en question c’est la politique économique néolibérale.

Les pays du tiers-monde ne devraient pas subir la loi du marché mondial, devraient pouvoir protéger leurs marchés des importations et au lieu de produire à l’exportation, devraient pouvoir encourager leurs cultivateurs à travailler sur leurs propres terres pour produire des denrées alimentaires qui seraient écoulées sur les marchés locaux.

vendredi 9 janvier 2009

Chic planète (6)

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1980 © Mary Ellen Mark
La petite fille d’un « monteur de singes » dans son habitat quotidien, une décharge de New-Delhi.

Aujourd'hui un milliard de personnes vivent dans des bidonvilles soit 1 habitant sur 6 dans le monde ou encore un tiers de la population urbaine dans le monde.

Un programme des Nations unies pour le développement prévoit qu'en 2020 plus de deux milliards de personnes vivront dans des taudis. Les habitants des bidonvilles représentent déjà près de 80 % de la population urbaine des pays les moins développés. Et demain, l'essentiel de la croissance démographique mondiale aura lieu dans les zones urbaines de ces pays, notamment dans leurs bidonvilles. En ce début du XXIe siècle, voici revenu le monde de Charles Dickens et d'Emile Zola.

Depuis les années 80 les campagnes se vident au profit des villes, l'agriculture de subsistance ayant de plus en plus de mal à se défendre face aux restructurations exigées par l’économie de marché.
Avec la croissance brutale de l'emploi urbain informel, embauches sans contrat, sans allocations chômage et sans respect du droit du travail, des millions de démunis s’agglutinent à la périphérie des villes pour tenter de survivre, mais sans aucunes perspectives économiques réelles d’avenir.

Ces bidonvilles ne bénéficiant d’aucun aménagement urbain tel que les réseaux routiers, les égouts, eau, l'électricité, ... de nombreux problèmes en résultent ; criminalité, sous-alimentation, pauvreté totale, pollution et insalubrité, maladie…5,8 des enfants des pays en développement meurent avant l’âge de 5 ans.
Née en 1940 à Philadelphie, Mary Ellen Mark a fait des études d'art et de photojournalisme. Depuis 1966, elle est photographe indépendante. Mary Ellen Mark a pour thèmes de prédilection les exclus de la société : pauvres, fugueurs, prostituées, drogués, prisonnières,… Son approche documentaire se veut humaniste et ses photographies traduisent un même sentiment de respect envers les personnes qu'elle rencontre.

samedi 27 décembre 2008

Chic planète (5)

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2003 © Sebastien Erome
Une petite fille se baigne dans le Danube devant une usine pesticide à Turnu Maguerele en Roumanie en Août 2003

Les déchets humains sont la première cause de la pollution de l'eau douce. Dans les pays en voie de développement, 95 % des eaux usées domestiques et 75% des déchets industriels sont rejetés dans les rivières. Dans les pays industrialisés, un tiers des déchets humains et des millions de tonnes de déchets animaliers sont répandus dans les champs, soit pour les fertiliser, soit tout simplement pour s'en débarrasser. Aux Etats-Unis, 900 000 personnes souffrent de maladies gastriques dues à l'eau contaminée de cette manière. Dans les pays non-industrialisés, ces eaux engendrent dysenteries, typhoïde, choléra, gastro-entérite et Hépatite. Les diarrhées dues à l'eau polluée par des déchets humains et animaux sont la première cause de mortalité infantile dans le monde.

La seconde cause de pollution des fleuves provient des rejets industriels ;
  • Les produits pétrochimiques (benzène, toluène, additifs aux carburants, pcb),
  • Les solvants chlorés utilisés dans l'électronique, la papeterie et l'aéronautique, qui s'infiltrent dans les réserves d'eau douce (On en trouve dans 50% des réserves d'eau potable anglaises, et dans 30% au japon). L'eau polluée par des solvants chlorés détériore le foie et les reins, provoque les cancers de la vessie, du colon et du rectum, des troubles de la fertilité…
  • Les métaux lourds, tels le plomb, le mercure, l'arsenic, le Cadmium rejetés massivement par l'industrie minière et qui une fois ingérés endommagent le système nerveux et le foie.
  • Les produits pharmaceutiques, ainsi 90% des antibiotiques avalés par les humains se retrouvent ainsi dans notre robinet. Tous les cours d'eaux des pays industrialisés sont contaminés par des résidus d'hormones féminines, provenant des pilules anticonceptionnelles utilisées par 225 millions de femmes dans le monde, ainsi que par des stéroïdes (provenant de l'urine des animaux de boucherie et des vaches laitières, et qui leur sont administrés pour augmenter les rendements).

Un autre grand contributeur de pollution est l'agriculture avec entres autres les nitrates dont l’utilisation a été multipliée par 10 depuis 1950. La moitié de ce qui est déversé dans les champs n'atteint même pas les plantes et finit dans l'eau douce. Les nitrates réduisent l'apport d'oxygène au cerveau et sont également cancérigènes. Sans oublier les herbicides et pesticides détruisent le système nerveux, provoquent des troubles de la croissance et de la reproduction...

Chaque jour, 160 000 personnes quittent la campagne pour la ville. Les villes n’ayant pas la capacité d’absorber ces populations qui s'entassent dans des bidonvilles, on prévoit qu’en 2025, cinq milliards de personnes seront privés de tout système sanitaire, soit deux fois plus qu'aujourd'hui, et l'eau qu'ils consommeront ne sera pas potable.

dimanche 21 décembre 2008

Chic planète (4)

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2005 © GMB Akash
Dans une usine de confection à Narayangani au Bangladesh le patron de l’entreprise frappe violemment un garçonnet de 12 ans au seul motif qu’il n’a pas cousu assez vite un lot de tee-shirts.

Nous vivons une époque formidable !

Une époque où 13 milliards d'euros du PIB mondial sont générés par 10 % de la main d’œuvre mondiale estimée à environ 3 milliards d’individus.

Quels sont les travailleurs qui composent ces 10 % ? ...très simple, 400 millions d’enfants asservis, « employés » dans le monde entier et bien souvent par de grands groupes multinationaux ayant pignon sur rue et honorabilité en occident, 400 millions d’enfants esclaves exploités dans les pays pauvres dans des secteurs aussi variés que l’industrie textile, automobile, chaussures de sport,…etc, etc, 400 millions d’enfants utilisés par le biais de sous-contrats de travail (quand il y en a !), sans aucune protection sociale ou médicale, ne bénéficiant d’aucune éducation, 400 millions d’enfants s’échinant souvent plus de 12 heures par jour, 7 jours par semaine, dans des conditions de travail épouvantables pour fabriquer des produits manufacturés à des prix défiant toute concurrence ( et par le fait, provoquant des délocalisations dans les pays occidentaux), des produits facturés qu’eux-mêmes ne pourront jamais s’offrir, mais qui feront le bonheur de nos enfants ou de nous même adultes au pied de nos sapins ce noël prochain.

Nous vivons sur une planète vraiment très chic !

Au Bangladesh, il est officiellement interdit depuis 1992 de faire travailler des enfants. Mais personne ne respecte cette loi, à usage uniquement diplomatique. Les dernières statistiques de l’ONU nous apprennent en effet que 6,3 millions d’enfants bangladais de moins de 14 ans sont employés dans des usines, sur des chantiers ou dans le commerce informel. Et toutes les enquêtes, y compris celles des administrations locales, dénoncent les très mauvaises conditions d’hygiène et de sécurité qui leur sont imposées. Ainsi que le niveau des salaires : de 4 à 7 euros par mois, contre 30 à 40 euros pour les adultes.

C’est cette triste réalité que le photographe GMB Akash s’efforce de dénoncer au travers de ses clichés.
« Aujourd’hui, je me considère comme béni pour être devenu photographe. Pouvoir exprimer la réalité des sans-voix, révéler leur identité aux yeux de tous donne du sens et un but à ma vie »
GMB Akash

mercredi 17 décembre 2008

Chic planète (3)

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2008 © Shiho Fukada
Nodi, 14 ans, à droite avec sa sœur ainée Shetu âgée de 17 ans, couchées contre un client dans la pièce du bordel ou elles se prostituent. Les 2 sœurs partagent cette minuscule chambre avec un lit unique en compagnie de leur jeune cousin Sume âgé de 8 ans, dont la mère est aussi prostituée.

Issue d’une famille d’une extrême pauvreté, Shetu fut mariée à l’âge de 12 ans. Son mari qui ne voulait pas d’enfant la violenta quand elle tomba enceinte. Après avoir mis son enfant au monde, elle quitta son mari et mendia dans les rues. Son mari la retrouva, lui enleva son enfant et le vendit à une femme pour 5000 Takas (1 dollar U$ vaut 60 Takas).

Elle se vit alors proposer un emploi dans une manufacture de vêtements mais fut en fait vendue comme prostituée dans un bordel ou elle travailla pendant 1 an sous la surveillance d’une mère maquerelle. Libérée au bout d’1 an elle retourna dans son village ou elle fut mariée de force une seconde fois. Battue régulièrement pendant 7 mois par son mari, elle s’enfuit après que ce dernier lui cassa les dents de devant et retourna au bordel.

Sa sœur Nodi s’enfuit de sa famille étant frappée d’opprobre pour être tombée amoureuse d’un garçon Hindou et rejoignit sa sœur au bordel. Selon les ONG, plus de 150 000 femmes victimes de la pauvreté, se livrent à la prostitution au Bangladesh et l’exploitation sexuelle des enfants y est largement répandue. Les trafiquants d'enfants recourent à divers moyens, par exemple l'enlèvement et les promesses fallacieuses de mariage ou d'emploi à l'étranger.
Bien que la prostitution fasse partie intégrante de la société, le statut social des professionnelles du sexe dans la société bengali fait l'objet de si peu de considération qu'elles ne sont pas même autorisées à porter des chaussures ou des sandales hors du bordel. Même dans la mort elles sont rejetées.
Qu'elles soient hindoues, musulmanes ou chrétiennes, on leur refuse jusqu'au droit aux rites funéraires de base. Leurs corps sont simplement jetés.

Shiho Fukada est une photographe indépendante née à Tokyo et basée en Chine qui a tout d’abord travaillé pour la publicité et la mode avant de devenir photo reporter.

dimanche 14 décembre 2008

Chic planète (2)

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2001 © Shehzad Noorani

Cette femme étreint son enfant qui noirci par la poussière du charbon saigne du nez du fait de l’exposition prolongée à la poussière et à la pollution dans l’atelier de Korar Ghat à Dakha capitale du Bengladesh où travaille sa mère.

Beaucoup de femmes y apportent leurs enfants pour les surveiller pendant leur longue journée de travail.
L’air à l’intérieur et à l’extérieur de l’atelier est totalement envahi de poussières de charbon et autres matières polluantes en suspension dans lesquelles les enfants jouent et dorment.
La plupart des enfants ont des infections pulmonaires et oculaires.

Il y a des centaines d’usines et d’ateliers clandestins dans la Banlieue de Dakha. Cette industrie emploie des milliers de femmes et d’enfants. Toute la journée les femmes y cassent des piles usagées pour en extraire le métal et des parties réutilisables. Une fois séparés ces matériaux sont expédiés dans des usines de piles pour y être reconditionnés.

Pendant qu’ils jouent ou ouvrent eux-mêmes des piles usagées, les enfants respirent des millions de particules polluantes émanant des matériaux extraits.

Selon leur rendement ils gagnent entre 5 et 15 takas par jour (1 dollar U$ vaut 60 Takas).
Il faut pour un enfant entre 4 et 12 jours pour gagner juste 1 $.

Ces enfants ne vont pas à l’école et ont à peine de quoi manger mais néanmoins insuffisamment pour assurer leur croissance et cependant ils ont presque toujours l’air heureux et ne rechignent jamais à vous adresser un sourire.

Libre traduction d’un commentaire de Shehzad Noorani.
En tant que photographe reporter indépendant et consultant pour des ONG, Shehzad Noorani photographie depuis 1987 les exclus au plus bas de l’échelle sociale en Asie du sud-est.

vendredi 12 décembre 2008

Chic planète (1)

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1993 © Steve Mc Curry
Une mendiante et son enfant dans les rues de Bombay.
Quelle est la plus grande aberration qui perdure dans notre monde « moderne » ?
notre monde technologique du 21e siècle,
notre monde de la conquête spatiale,
notre monde des communications instantanées à travers le globe par Internet,
notre monde de la mondialisation des échanges où un européen peut manger des légumes cueillis quelques jours plus tôt en Amérique du sud,
notre monde où des milliards de dollars sont dilapidés quotidiennement pour alimenter des guerres « justes »,
notre monde où le nombre de milliardaires explose,
notre monde où selon l’OMS 1 milliard d’individus souffriraient de « surpoids »,…

Ne cherchez pas, c’est à peine croyable, mais il s’agit bien d’un fléau moyenâgeux dont on parle trop peu, une aberration scandaleuse qui a pour nom la FAIM, à savoir que 100 000 êtres humains meurent de faim ou de ses conséquences immédiates chaque jour dans le monde, et qu’1 enfant de moins de 10 ans meurt toutes les 5 secondes de cette même cause.

jeudi 2 octobre 2008

Exoplanète

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2008 © Gemini Nord
La première photo d’une exoplanète, (à savoir une planète en dehors de notre système solaire) prise par David Lafrenière, Ray Jayawardhana et Marten H. van Kerkwijk, astronomes de l'Université de Toronto, en utilisant le télescope Gemini Nord, installé à Hawaï.

L'image de très haute résolution montre cette exoplanète tournant autour de l'étoile 1RXS J160929.1-210524, située dans la constellation du Scorpion, à environ 500 années-lumière de la Terre.

Selon les chercheurs, la planète aurait environ huit fois la masse de Jupiter, la plus grosse planète de notre système solaire.
Elle a été détectée à une distance équivalente à 330 fois la distance Terre-Soleil de son étoile, une distance considérée comme exceptionnellement grande.
En comparaison, Neptune, la planète la plus éloignée du Soleil, se situe à une trentaine de fois la distance Terre-Soleil.

A ce jour, les astronomes ont découvert environ 350 exoplanètes depuis 1995, pour la plupart des géantes gazeuses comme Jupiter, quatre à cinq mille fois plus massives que la Terre et tournant autour d'étoiles lointaines dans la Voie lactée.

Jusqu’à présent les exoplanètes ont été découvertes par des méthodes indirectes, même si une planète est invisible, sa présence peut être décelable par l'analyse de son étoile. En effet, toutes deux forment un système dynamique et se déplacent sur des orbites elliptiques autour du centre de masse de ce système.
La spectroscopie stellaire permet de mesurer la vitesse radiale (vitesse d'éloignement ou d'approche) d'une étoile. Si une planète est présente, l'évolution de cette vitesse radiale montrera une oscillation périodique, un « zigzag » qui pourra trahir sa présence.

C'est en utilisant cette méthode associée à une autre, la méthode photométrique (planète éclipsant son étoile) que Michel Mayor et Didier Queloz, en 1995, ont découvert la première exoplanète baptisée 51 Peg b en orbite autour d'une étoile de type solaire, l'étoile 51 Peg dans le carré de Pégase et située à 42 années lumière de nous, donc très proche de notre système.

Ces exoplanètes découvertes jusqu'à présent se trouvent pour la plupart dans le voisinage immédiat du Soleil, à moins de 100 parsecs, alors que notre Galaxie, la Voie Lactée, mesure 10 000 parsecs de rayon. On pense que 10 pour 100 des étoiles peuvent avoir une planète géante en orbite. Il y a à peu près 100 milliards d'étoiles dans la Galaxie. Il y aurait donc plusieurs dizaines de milliards de planètes dans la Galaxie.

Mais ne rêvons pas !
Ces 350 exo systèmes solaires découverts, nantis de planètes, présentent tous des conformations très éloignées du notre et laissent à penser que notre système solaire est un système totalement singulier et atypique qui a permis exceptionnellement l’éclosion de la vie sur la Terre, planète elle-même très particulière :
( planète tellurique proche du soleil dotée d’un énorme champ magnétique protégeant la vie des rayonnements mortels venant de l’espace, nanti d’un énorme satellite exceptionnel, la lune qui influence la climatologie de la terre, et bénéficiant de la présence d’un incomparable garde du corps, Jupiter, planète géante qui par sa masse gigantesque a détourné de la Terre les météorites très nombreuses au début de la formation du système solaire,…)

Regardons la nuit étoilée, et posons nous cette question auquel nul ne peut répondre : La vie existe t'elle ailleurs ?

mercredi 24 septembre 2008

Global Overshoot Day

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2008 © Alex MacLean
Boulder City au Nevada … le summum de l’imbécilité humaine … des terrains de golf en plein désert, un gaspillage insensé de ressources aujourd’hui extrêmement limitées pour le caprice d’une poignée de nantis au mode de vie irresponsable !
Hier, mardi 23 septembre, selon l'organisation non gouvernementale canadienne Global Footprint Network, c'était le "Global Overshoot Day" («le jour du dépassement global »).

Cela veut dire qu’entre le 1er janvier et le 23 septembre, l'humanité a consommé les ressources que la nature peut produire en un an. A partir du 24 septembre, et jusqu'à la fin de l'année, l'humanité va vivre au-dessus de ses moyens, va surexploiter le milieu naturel et compromettre sa capacité de régénération.

Si encore c’était uniquement pour manger, boire, se chauffer, se déplacer …, mais non !
Pour l’essentiel une grande part de l’humanité, ahurissante par sa capacité d’autodestruction, va continuer comme si de rien n’était à « se gaver » en dilapidant à des fins superfétatoires les ressources de plus en plus rares de notre planète.
Les Etats-Unis consomment toujours 3 fois plus de céréales par habitant que la Chine et 5 fois plus que l’Inde. Les émissions américaines de dioxyde de carbone sont 6 fois supérieures aux émissions chinoises et 20 fois à celles de l’Inde.

Si toutes les nations devaient adopter l’ «american way of life» il faudrait les ressources de 4 planètes telle la Terre pour assurer la consommation mondiale (et 2 terres si la population mondiale adoptait le standard de vie des citoyens Européens !)
Alex MacLean s'inscrit dans la grande tradition de l'imagerie aérienne. Cependant, il cherche moins à magnifier un paysage spectaculaire qu'à restituer l'histoire et l'évolution des territoires qu'il photographie. Ainsi, les sujets de ses clichés sont bien souvent des zones pavillonnaires, des piscines, des parkings, ou la beauté simple des paysages ruraux. L'artiste met en lumière les déplacements, les recompositions de l'espace, les effets du temps, les aménagements qui reconstituent les blocs, les frontières, les interstices, ainsi que la dilapidation des ressources de la planète.

jeudi 11 septembre 2008

Que faisiez-vous ?

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2001 © Thomas Hoepkler

Que faisiez-vous le 11 septembre 2001 ?

Pour ma part, j’étais de retour de New-York où j’avais visité le World Trade Center le 5 septembre à la même heure ; je repeignais les murs d’une chambre, quand mon téléphone portable sonnât et que je fus invité à allumer mon téléviseur.

Il me fallut plusieurs secondes pour comprendre qu’il ne s’agissait pas d’un mauvais téléfilm « catastrophe », mais d’un drame en direct qui allait laisser dans la mémoire de tous une trace indélébile.

J’ai laissé les pinceaux, j’ai pris une bière fraiche dans le réfrigérateur et je me suis calé dans un fauteuil devant le poste de télé allumé, et échangé des propos sur l’événement avec mon interlocuteur du téléphone.

Ma posture semblait aussi banale et relaxe que celle sur cette photographie de Thomas Hoepkler, de ces 5 jeunes Brooklynites semblant prendre un bain de soleil et dialoguer avec une apparente décontraction devant l’ampleur de la tragédie.

Cette photo a choqué de nombreux américains grandement affectés par la tragédie.

Les apparences sont bien souvent terriblement trompeuses !
Les 2 personnes à droite de la photo sont par la suite venues témoigner que leur apparente désinvolture saisie dans l’instant ne reflétait en rien l’état de choc profond dans lequel elles étaient plongées à ce moment.

Et vous-même, quelle fût votre réaction ?

mardi 9 septembre 2008

Que des chiffres ?

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2007 © John Moore
Le 27 Mai 2007 au cimetière d’Arlington, Mary McHugh pleure sur la tombe de son fiancé le Sgt. James Regan, tué en Irak.
Depuis le 19 mars 2003 (début du conflit en Irak) :
  • 94.782 civils Irakiens décédés de mort violente « officiellement » reconnus (selon une estimation du journal médical le « Lancet », publiée en 2006, le nombre de civil Irakiens tués dépasserait « allégrement » les 600.000)
  • 4.155 soldats américains tués
  • 176 soldats britanniques tués
  • 138 soldats d’autres nationalités membres de la « coalition » tués
  • 30.324 soldats américains blessés ou mutilés
  • 2.000.000 d’irakiens ont fui leur pays

mardi 2 septembre 2008

Derniers feux

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1989 © Jean Guichard
Le phare de La Jument en Mer d’Iroise lors d'une tempête le 21 décembre 1989.
Ils sont les sentinelles de la mer, gardent l'entrée des golfes, des rades ou des baies.

Dressés entre ciel et mer, affrontant les tempêtes, construits sur des rochers, des falaises, des dunes de sable, au prix parfois d'efforts inouïs, ils fascinent, parlent à notre imaginaire, imperturbables faisceaux de lumière dans l’univers liquide, ils guident les marins pour leur éviter le naufrage.

Leur histoire a débuté en Méditerranée, dans l'Antiquité. D'abord simples feux de bois se consumant à l'air libre au sommet de falaises, puis en haut de tours spécialement construites à cet effet, leur nom s’est confondu avec le plus formidable d’entre eux, le célèbre phare d'Alexandrie situé sur l'île de Pharos.

Ils ont évolué avec le mode d'éclairage utilisé et la technologie. Le charbon a remplacé le bois, la lampe à huile le charbon et l'électricité la lampe à huile.

Puis la portée du faisceau lumineux émis a été augmentée en plaçant la lampe à huile au centre d'un réflecteur parabolique en métal. Enfin en 1821, Augustin Fresnel, ingénieur à la commission des phares, a proposé de remplacer les réflecteurs métalliques par des lentilles à échelon. Ces lentilles, dites de Fresnel, constituées d'un disque central convexe (bombé vers l'extérieur) entouré d'une série d'anneaux concentriques jouant le rôle de prismes, focalisent les rayons d'une source lumineuse sur un seul plan. A la sortie de la lentille, les rayons lumineux réfractés par les anneaux concentriques se trouvent parallèles les uns aux autres et se propagent le long d'une direction unique. Ce procédé permet donc d'éclairer uniquement l'horizon en évitant la diffusion des rayons partout dans l'espace et d'augmenter jusqu'à 4,5 millions de fois l'intensité du faisceau lumineux !

Mais la plus radicale évolution qu’ils ont connu, c’est l'automatisation des phares de pleine mer avec donc la disparition des gardiens de phares. La nostalgie étreint le cœur de tous les marins du monde à l’idée que les phares sont désormais vides de toute présence humaine, faisant oublier l’âpreté, la dureté, la monotonie d’un métier ingrat bien loin de l’aventure romantique souvent imaginée.
C’est en 1992 que Jean Guichard a publié ses 1ers travaux sur les phares nous invitant à découvrir leur monde et leur histoire.

Cette photo a obtenue en 1990 le second prix du World-Press.

dimanche 27 juillet 2008

Des hauts et des bas…

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1981 © Jean-François Jonvelle

Dans les années 1970, les jeunes femmes qui jettent leur soutien-gorge, expriment la libération de leur corps, la fin des contraintes et le rejet des vieux carcans coutumiers.

La pudeur féminine, fondement des bonnes mœurs chrétiennes, longtemps liée à la honte de la sexualité est largement revisitée par ses nouvelles pratiquantes de l'hédonisme.

Avec le monokini, les corps se découvrent à la plage, parallèlement au raccourcissement des jupes. En s’affichant ostensiblement la sexualité féminine devient une des revendications majeures du mouvement féministe.

Néanmoins, la publicité plus que jamais fait du corps des femmes un objet de convoitise marchande, en contraste avec la liberté du corps pour laquelle les femmes luttent depuis les débuts du féminisme.

Ainsi cette affiche culte de 1981 passée à la postérité sous le nom d’affiche « Myriam » du nom du modèle dont la photo a fait le tour du monde, est l’exemple emblématique et ironique de l’utilisation de l’image du corps féminin à des fins mercantilistes.
Cliquez sur ce lien pour lire l’histoire de cette «Campagne de pub Myriam».

Ce mouvement aurait du logiquement conduire à l’acceptation et la pratique du nu intégral sur les plages familiales…
Jean-François Jonvelle disait volontiers que son sujet préféré était les femmes qu'il aimait :
«Quand je photographie une femme, je veux qu'elle sache qu'elle est la plus belle de la terre, parce qu'une femme qui se sent belle est vraiment la plus belle femme du monde. »

(Pour la petite histoire, Myriam n'était autre que la petite amie du photographe Jean-François Jonvelle, qui remplaça au pied levé la mannequin initialement prévue pour la campagne.)

jeudi 24 juillet 2008

…dans les maillots

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1964 © David Hurn
La plage de Cannes
Dans les années 70 et dans tout l’occident, le bikini s’impose et s’inscrit dans un mouvement continu de libération des corps et des mœurs, amorcé dès la fin du 19° siècle, avec les belles enchevêtrées dans d’immenses tenues de bain surchargées de falbalas et les hommes en maillot à bretelles ; mouvement qui s’accentue avec les « congés payés » qui en 36 exhibent une partie de leur peau à la caresse (ou brulure) du soleil dans un élan de liberté prolétarienne.

Cette explosion du bikini des années 70 a été « boostée » par la révolution venue d’outre atlantique : le mouvement hippie, le «flower power », “Make love not war !”, qui va faire tomber les barrières de la pudibonderie et mettre un grand nombre en tenue d'Eve et d'Adam ou presque, dans une philosophie proche du naturisme.

Telle Brigitte Bardot, que Françoise Giroud remercia un jour, à la télévision, pour avoir osé lancer le bikini en France dans une attitude de jouissance ostensible (sic : “BB a offert à toutes les femmes l’affirmation de son désir de jouir librement de son corps.”), les plages familiales des années 70 se voient envahies de filles libérées en charmant petit bikini.

Forcément la prochaine étape devait être de tomber le haut…

dimanche 20 juillet 2008

L’été sera chaud...

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1959 © Elliot Erwitt
Bronzé, bronzé !
Toutes les filles sont des Vénus en maillot.

En 1946 Louis Réard invente le «bikini»
… encore que !
Une mosaïque du IIIe siècle dans la villa Romana del Casale en Sicile montre une dizaine de jeunes femmes pratiquant du sport en « bikini » !, sans autres entraves vestimentaires, sans être bridées par des contraintes moralistes ou par le poids de conventions « rigoristes ».

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C’est le propre de l’époque moderne de croire avoir tout inventé !
La libération des corps et des mœurs a-t-elle vraiment progressé depuis 2000 ans ?

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